SIG en réseau : une évolution vers la subsidiarité ?
08-12-2007
Le déclic a été l’information sur la disponibilité d’une incarnation logicielle quasi-complète du protocole WPS de l’Open Geospatial Consortium : PyWPS, relayée entre autres par le PortailSIG.
Quelques explications.
L’ OGC est l’organisme normalisateur des échanges de données a composante spatiale sur Internet. Il a établi et publié notamment les descriptions des principaux protocoles qui permettent ces échanges, c’est à dire les modalités précises de communication (syntaxe, types de données, de traitements…). Le plus connu de ces protocoles et le Web Map Service, ou WMS, qui permet d’interroger un serveur distant pour e standards qui permettent de les définir et de les décrire. Mais il existe aussi un autre type de service, pour le traitement de ces données, le Web Processing Service (WPS), et c’est ce service qui est rendu aujourd’hui accessible par des projets comme PyWPS.
On peut donc essayer de prendre un peu de recul et d’imaginer l’ organisation du petit monde de l’information géographique en réseau qui peut se développer sur ces bases :
- des données spatiales formatées selon des standards communs, mais aussi identifées et décrites par des métadonnées ;
- des outils pour diffuser ces données, de manière intelligente : selon le cadrage et la projection désirée, accompagnées de leurs descriptions ;
- des outils pour interroger ces données distantes, les requérir, les assembler, les extraire ;
- des outils pour traiter ces données, les transformer, les adapter, les fusionner.
Et chacun de ces outils peut être aujourd’hui un logiciel installé sur un poste de travail local ou un logiciel de type serveur mis à disposition sur le réseau.
Cette organisation fonctionnelle se met en place progressivement depuis quelques années, et on constate aujourd’hui que les principaux acteurs de la géomatique l’encouragent et veulent jouer leur rôle dans une évolution générale.
Ainsi, les éditeurs des logiciels SIG “desktop”, c’est à dire sur poste de travail ont ouvert leur logiciels aux données issues de serveurs distant, selon les protocoles OGC. Les solutions OpenSource ont très tôt pris en compte cette dimension d’ouverture sur le réseau, de par la nature même de leur développement. Par ailleurs, les diffuseurs de données se sont ralliés à ces protocoles et désormais on retrouve tous les grands jeux de données libres et gratuits sous cette forme : les images NASA, les fonds d’Atlas canadiens, les données relief SRTM, les jeux de données scientifiques sur l’environnement de l’UNEP… Le célèbre logiciel NASA WorldWind est au départ un projet pour visualiser facilement les données libres de la NASA, servies sur Internet. Il est ouvert à la visualisation de données disponibles sous la forme de webservices selon les protocoles de l’OGC.
Aujourd’hui on voit donc se profiler la mise à disposition en ligne d’une fonction supplémentaire, celle de traitement des données. On peut supposer que la lenteur de sa mise en place provient de sa complexité plus importante. Mais en fait le WPS peut être simple : une interface entre un logiciel de traitement SIG et un serveur web. C’est d’ailleurs ce que propose PyWPS, qui interface GRASS et GDAL/OGR (et tout logiciel en ligne de commande, par le biais de modules en langage python).
On en arrive finalement à l’idée qui est le titre de ce texte : la subsidiarité dans l’avenir ? En effet, si les fonctions d’un SIG peuvent se dissocier et se répartir sur des machines distantes, on peut imaginer une perte de vitesse du modèle du SIG multifonctions monolithique, à la fois gestionnaire de données, outil de d’analyse et de traitement, outil de mise en forme, et de diffusion. Ainsi, les acteurs spécialisés sur un aspect, sur une fonction des SIG, vont pouvoir utiliser des solutions logicielles plus adaptées, se concentrer sur leur métier : fournir des données, fournir des capacités de traitement, des outils d’analyse. Les utilisateurs (consommateurs de services) pourront faire appel à des possibilités plus larges (données, traitements), pour se concentrer sur l’analyse par exemple. On peut imaginer bientôt pouvoir réaliser une étude faisant appel à un traitement de données géospatiales sans avoir besoin de télécharger et de convertir des données complexes, ni d’installer et d’apprendre à utiliser de logiciels surdimensionnés.
Reste la phase de mise en forme et de présentation, qui n’est pas toujours utile dans les études, mais qui reste un moyen important de valoriser un travail, d’apporter une plus-value sur sa perception et sa compréhension. Là peu de choses sont automatisables, mais cela reste l’avis d’un infographiste !
Cette répartition des tâches semble être une suite plausible aux évolutions actuelles, du moins dans le monde des données et des outils libres. Comment vont réagir les sociétés de services, et les éditeurs de logiciels ?
déc 11, 21:26
article très intéressant.
A ce propos, vous auriez pu mentionner cette initiative récente que je suis de près: http://aci.ign.fr/web_service.php
Pour ma part, je trouve ces travaux très prometteurs pour le monde du webcarto. google serait en passe de proposer prochainement un framework librement accessible de tel services géographiques. Nous n'aurons bientôt plus besoin de logiciel grâce à google ? A suivre, donc !