Aujourd’hui, en 2010, il semblerait qu’une carte ait servi à faire la guerre.
Même numérique, interactive et en ligne !

Le mot d’Yves Lacoste (titre de son ouvrage de 1976) s’est semble-t’il à nouveau vérifié, selon un blog du Wall Street Journal, confirmé par un quotidien costaricien.
En deux mots, et pour caricaturer, une imprécision sur Google Maps aurait motivé une “incursion” militaire nicaraguayenne en territoire costaricien. On imagine le commandant chevauchant à la tête de ses troupes, son ipad à la main, pour aller revendiquer un territoire jusqu‘à présent considéré comme étranger…
Le militaire aurait donc fait confiance à Google Maps au détriment de ses cartes topographiques, où la frontière est stabilisée officiellement par accord des deux administrations cartographiques nationales depuis 1888.
Les efforts de Google à propos de cette difficile question des frontières sont méritoires, mais on se demande comment on a pu mettre en ligne ces informations, à ce niveau de précision apparente, sans vérification.
On pourrait épiloguer longuement, mais j’aimerais surtout relever deux problèmes :
- les données cartographiques, diffusées sans métadonnées et sans avertissement sur leur qualité, leur date, leur précision, seront forcément perçues comme correspondant au niveau de qualité générale des informations diffusées par leur producteur.
- une information diffusée par Google est considérée par le (“grand public”) comme authentique, puisque composée d’une quantité de données confondantes, en ligne depuis plusieurs années, dans le cadre d’une opération toujours active de mise à jour, et de portée mondiale (idée d’exhaustivité). Google est donc perçu comme un acteur sérieux, fiable, par défaut.